Que devient votre indemnité compensatrice de congés lorsque votre contrat de travail prend fin avant que vous ayez utilisé tous vos jours ? La réponse est plutôt rassurante : le salarié ne perd pas automatiquement ses droits. Le Code du travail prévoit le versement d’une indemnité correspondant aux congés acquis mais qui ne sont pas consommés lors de la fin du contrat de travail. Le calcul de l’indemnité dépend notamment de la rémunération de référence et du nombre de jours restant à solder. Découvrons ensemble ce que dit le code du travail. Focus !
Quand l’indemnité compensatrice de congés payés (ICCP) est-elle versée ?
L’ICCP est une prime que l’entreprise à un salarié lorsqu’il quitte son emploi alors qu’il lui reste des droits de congés payés non pris. Par exemple, lorsqu’un employé quitte l’entreprise le 30 septembre et il lui reste 8 jours de congés payés, l’employeur doit normalement lui verser une indemnité correspondant à ces jours non pris. On parle alors de l’indemnité compensatrice de congés payés.
L’ICCP intervient donc à la fin du contrat de travail alors que l’employé n’a pas pris l’ensemble des congés auxquels il avait droit. Le Code du travail précise que cette indemnité reste due quelle que soit l’origine de la rupture, qu’elle résulte du salarié ou de l’employeur. Si vous êtes victime d’un licenciement économique, découvrez comment calculer son chômage après cette rupture de contrat.
Ainsi, la prime qui compense les congés payés non consommés peut intervenir en cas de :
- démission ;
- rupture conventionnelle ;
- licenciement ou ;
- une autre forme de rupture.
L’employeur pour payer les droits du salarié après la rupture du CDD par exemple, doit donc intégrer cette indemnité dans les sommes dues lors du départ de l’entreprise.
ICCP : Comment s’effectue le calcul ?
Le calcul de l’ICCP repose sur les règles prévues par les articles L. 3141-24 à L. 3141-27 du Code du travail. Pour déterminer le montant de cette indemnité, deux méthodes de calcul sont comparées afin de retenir celle qui sera la plus rentable au salarié : la règle du dixième et celle du maintien de la rémunération.
La méthode du dixième consiste à retenir 10 % du traitement salarial brut total que l’employé perçoit pendant la période de référence. Ensuite, à partir de cette valeur, le système détermine la part qui correspond aux congés non pris. La méthode du maintien de la rémunération, quant à elle, à déterminer ce que le salarié devrait normalement percevoir s’il avait travaillé pendant ses jours de congé. Le résultat le plus favorable doit être retenu.
Le calcul peut notamment résulter :
- du salaire brut ;
- de certaines primes liées au travail ;
- des périodes qui correspondent à du travail effectif ;
- du nombre de jours de congés restant à prendre.
Tous les éléments de rémunération ne sont cependant pas intégrés de la même façon. La nature de chaque prime doit donc être examinée avant le calcul.
L’indemnité compensatrice est-elle soumise au salaire et aux cotisations ?
L’ICCP constitue une rémunération versée à l’occasion de la rupture du contrat. Elle apparaît donc sur le solde de tout compte et doit être distinguée des autres indemnités éventuellement dues au salarié.
Son montant dépend directement des droits à congés acquis. Plus le salarié dispose de jours non pris, plus la somme versée peut être importante. À l’inverse, un salarié ayant utilisé l’ensemble de ses congés avant la rupture ne bénéficie pas d’une indemnité compensatrice au titre de ces congés.
Que se passe-t-il en cas de congés déjà pris en trop ?
La situation inverse existe également. Lors de la rupture de contrat, le salarié peut avoir pris davantage de congés que ceux auxquels il avait droit à cette date. Le Code du travail prévoit alors, dans certaines situations, le remboursement du trop-perçu à l’employeur.
Le décompte final mérite donc une vérification attentive. Le salarié doit contrôler le nombre de jours acquis, les congés déjà utilisés, la rémunération de référence et la méthode appliquée par l’entreprise.
Pourquoi vérifier son indemnité de congés lors d’une rupture ?

L’ICCP peut représenter une somme significative, notamment après plusieurs mois de travail sans prise complète des congés. Elle doit être calculée conformément aux règles du Code du travail et versée avec les sommes dues à la fin du contrat.
En pratique, vérifiez donc votre solde de congés, le calcul retenu par l’employeur et les éléments de rémunération utilisés comme référence. Une erreur sur le nombre de jours ou sur la méthode de calcul peut modifier directement le montant de l’indemnité versée.

Camille Dufour est une spécialiste de la formation en entreprise, axée sur le développement des compétences en gestion et en marketing.