Encouragement de Marie Lu pour la fin du nano !

Salut les nanoteurs,

Vous avez dépassé la moitié du Nano et la fin du mois arrive à grands pas. Vous voyez un tout petit rayon de lumière au bout du tunnel. Pourtant, vous pouvez à peine respirer. Votre cerveau est douloureux et les choses ne vont pas aller en s’arrangeant, hein ?

Je ne vais pas vous écrire un texte d’inspiration. Je ne vais pas vous dire à quel point il est difficile d’être écrivain et à quel point vous êtes courageux (vous l’êtes, mais vous le saviez déjà, non ?) Vous n’avez plus le temps pour tout ça : vous essayez de finir un roman ! Aujourd’hui, je vais vous donner quelques astuces pour arriver au bout de la troisième semaine. Pour ressortir vivant des marais ténébreux, des mines de la page blanche.
Sortez votre livre préféré, celui qui est tout usé et tout corné, de son étagère : trouvez un chapitre qui vous laisse pantelant et saisissez-le dans un nouveau document, mot pour mot. N’écrivez pas automatiquement, réfléchissez à ce que vous écrivez. Moi, cet exercice m’aide à entrevoir le génie de conteur d’autres écrivains et stimule mon écriture et mes idées. Bien sûr, faites attention à ne pas plagier ce chapitre dans votre histoire… mais il y aurait fort à dire sur l’inspiration qui vient d’autrui.

Écrivez une longue liste de tous vos personnages : puis mettez-vous à relier vos personnages entre eux au hasard. Ne réfléchissez pas, contentez-vous de les relier. Ensuite, relisez votre page et essayez de trouver des liens aléatoires entre deux des personnages que vous avez reliés ; peut-être quelque chose de scandaleux, ou de mignon. Un truc en trois dimensions, complètement surprenant. Une scène explosive qui les réunit.

Tentez une aventure créative différente : c’est le moment du Nanowrimo où on commence à se sentir épuisé, ce qui nous rend paresseux, ce qui rend notre talent de conteur moins soigné. Vous n’êtes peut-être plus autant inspiré par les mots qu’au début. Alors tournez-vous vers les cousins créatifs de l’écriture : l’art, la musique, les jeux, etc. Personnellement, je dessine mes personnages. Vous pouvez faire de même, même si vous ne dessinez pas d’habitude ou que vous ne voulez pas dessiner vos personnages. Prenez dix minutes et dessinez une carte de votre monde, même si vous écrivez de la littérature contemporaine. Où est la poste ? Comment cette maison est-elle agencée ? Quels sont les endroits où vos personnages adorent aller ? Dessinez une boîte dans un coin. Faites-en un endroit secret, interdit ou abandonné. Un « love hotel » ou un bar avec un sous-sol secret.

Tournez-vous vers la musique, faites une playlist avec des morceaux qui correspondent à l’atmosphère de votre histoire. Ne vous contentez pas de la jouer, non ! Branchez de bons écouteurs, fermez les yeux, installez-vous confortablement, montez le son et rêvez. Jouez les scènes de votre histoire dans votre tête. Imaginez les paroles qui correspondent à votre histoire. Écoutez le scénario de la chanson. Rejoignez vos personnages. Quelque part, au cœur de l’obscurité, vous verrez peut-être une étincelle de scène.

Bien sûr, rien de tout cela ne peut égaler le meilleur conseil de tous les temps :

Tenez bon !
S’il le faut, écrivez un long monologue de votre personnage principal. Utilisez un chapitre simplement pour revenir sur la vie d’un antagoniste. Écrivez une scène avec uniquement un dialogue entre le héros et le méchant. Écrivez une scène d’amour torride entre votre couple préféré. Les scènes ne doivent pas forcément être dans l’ordre chronologique. Elles ne doivent même pas forcément se retrouver dans votre livre. Mais elles vous aideront à tenir bon.

Alors tenez bon. Vous y êtes presque. Encore un petit peu. Vous êtes têtu. Vous êtes épuisé. Vous êtes déterminé. Vous êtes un écrivain.

Marie

  • Marie Lu écrit des romans pour les jeunes, and aime particulièrement les dystopies. Elle est l’auteure de la trilogie  Legend.
  • Traduit par Ammimisa (correction par Audrey Favre)
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