Imaginez : vous avez trois ans et vous voulez mettre une fourchette dans une prise électrique. Votre mère vous dit : « Tu ne peux pas le faire. » Autre situation : vous avez huit ans et vous voulez faire des ailes grâce à deux plumeaux, afin de vous élancez depuis le toit. Votre père vous dit : « Ca ne marchera jamais. »

Toute notre vie, nous subissons une négativité émanant de notre famille, de nos amis, de nos collègues, et également d’inconnus qui donnent leur avis (ce qui nous donne parfois envie de les étrangler même si parfois, ça peut être intéressant).

Lorsque nous décidons d’écrire un roman, cette masse de négativité est impressionnante. J’ai reçu des lettres de jeunes écrivains qui désespéraient, car tout le monde leur disait qu’ils n’allaient jamais y arriver. Curieusement, ils pensaient qu’on ne m’avait jamais rien dit et que je n’avais reçu que des encouragements. La vérité est toute autre et je trouve que de le dire aux auteurs les aide à affronter ces opposants.

Mon deuxième agent littéraire était un type bien. Nous sommes devenus amis. Il a fait de bonnes choses pour ma carrière. Puis, il a commencé à refuser des synopsis de livres, les uns après les autres : « Je ne peux pas vendre ça. Tu peux avoir l’idée d’un best-seller, mais tu n’en écriras jamais. Tu seras toujours un écrivain moyen. » J’avais 29 ans et je ne pouvais pas accepter l’idée que je sois déjà sur le déclin. Nous somme restés amis, mais j’ai changé d’agent.

Lorsque Whispers s’est vendu à seulement 6 000 livres reliés en 1980, mais à 1 000 000 livres de poche l’année suivante, j’ai espéré que les livres reliés seraient plus mis en avant. A la place, l’éditrices, une femme futée qui avait eu beaucoup de succès, me dit : « Tu feras toujours des best-sellers en format poche maintenant, mais tu n’auras jamais de succès en format relié. » Mon livre suivant, Phantoms, eut un tirage de seulement 5 000 exemplaires en format relié, sans publicité.

Lorsque Strangers et Walkers sortirent en format relié et se classèrent dans le top des ventes, respectivement en 1986 et 1987, il n’y avait pas de négativité. Mais lorsque je proposai Lightning, mon éditrice dit que ce livre transgressait tellement de règles de la fiction commerciale que ce serait un échec. Elle ne voulait pas le publier « avant sep ans », que je publie d’autres bestsellers et puisse « m’en sortir avec ». J’ai insisté pour que Lightning soit publié en 1988 et il prit la troisième place du top.

En 1989, à la suite de Lightning, Midnight devint mon premier roman à être numéro un dans le top. Mon éditrice me dit : « Bonne nouvelle : tu fais tes premiers pas en tant que numéro un. » Avant que je ne puisse exprimer mon bonheur, elle ajouta : « Ne pense pas que cela se reproduira, c’est un coup de chance. Tu n’écris pas le genre de livres qui finit numéro un. »

Quatre autres numéro un suivirent d’affilé. A chaque fois, je me disais que cela n’allait jamais se reproduire. Qu’est-ce qu’il se passait ?! J’avais du succès, mais on me traitait comme si je continuais à enfoncer une fourchette dans la prise électrique. J’ai fini par aller chez Bantam Books, où je suis encore.

Une des choses les plus difficiles à apprendre pour un écrivain est de connaître la différence entre la critique et la simple opposition. Voici quelques conseils :

  1. La critique utile portera sur un point précis, l’opposition ne sera qu’une forme étendue de négativité.
  2. La critique utile de détails spécifiques sera réalisée en des termes pratiques et précieux, l’opposition aura un côté désagréable.
  3. La critique utile viendra de personnes ayant une expérience approfondie de la fiction (l’écrire, l’éditer, la vendre), l’opposition viendra de personnes n’ayant rien fait de tout ça.

Pour avancer dans votre carrière, ne perdez pas de temps à répondre à l’opposition. Ne vous attardez pas sur ce qu’ils disent. Respectez votre vision. Au lieu de laisser la négativité vous rabaisser, adoptez une attitude « ah, oui ? » et redoublez d’effort, avancez plus vite vers votre avenir. Le monde est plein de personnes qui vous diront que c’est impossible. Si tout le monde les écoutait, nous vivrions encore dans des caves, et jamais les livres n’auraient vu le jour.

Amicalement,
Dan

(Traduit par Zirkin)

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