Un ami auteur m’a récemment demandé : « Quand sait-on que ce qu’on a écrit en vaut la peine ? »

Ce à quoi je lui ai répondu : « Je n’en ai toujours aucune idée ! »

La vérité, c’est qu’il n’existe aucune réponse « toute faite » à cette question qui turlupine, tôt ou tard, les écrivains que nous sommes.

Comment juger, en effet, si ce que nous avons créé en vaut le coup ?

Et surtout, de quel point de vue ?

Le nôtre, quand nous avons tout donné, que nous avons sué sang et eau sur notre histoire, les doigts tremblants à force d’avoir tapé sur le clavier/manié la plume et qu’enfin, on aboutit à un résultat qui nous comble ?

Celui de nos premiers lecteurs, que ce soit des proches, des amis, des copains de plume, auxquels nous livrons, l’appréhension au cœur, notre bébé dont nous sommes si fiers en espérant qu’il les convaincra à leur tour ?

Celui des maisons d’édition, parce que la tentation de voir ses mots publiés sur papier est plus forte que tout, parce que nous voulons partager nos écrits avec l’inconnu-e dont nous ignorons tout, mais qui se trouvera peut-être charmé-e aussi par notre histoire ?

Celui du public, bloggeurs, booktubeurs, journalistes, bibliothécaires, documentalistes, libraires, professeurs et encore bien d’autres, tous ces amoureux du livre, qu’ils rôdent dans les librairies ou téléchargent avidement sur leurs liseuses ?

Celui des prix littéraires, qu’ils soient célèbres ou moins connus, qui parfois tombent dans notre escarcelle tel un cadeau de Noël inattendu ?

J’estime qu’il existe autant de réponses à cette question que d’écrivains.

Pour ma part et de mon humble expérience, je sais que chacun de mes livres a d’abord constitué un défi que je me suis lancée à moi-même. Qu’il s’agisse d’écrire la suite et fin de ma saga des Outrepasseurs ou de me lancer dans un tout autre genre, avec des personnages tout neufs, tels que ceux de Qui, de nous deux ? qui verra bientôt le jour, j’ai été fière de conduire chacun d’entre eux à son terme.

De trouver les mots justes, ceux qui, même après vingt lectures, vous touchent toujours autant.

Fière aussi de pouvoir mener mes histoires comme je l’entendais, sans autre gouvernail que le mien.

Fière que mes personnages aient pu aussi prendre leur indépendance, qu’ils ne se soient pas révélés tout à fait comme je les pensais, qu’ils m’aient surpris, touché et même ému.

Oui, je suis fière de tout cela.

Et c’est ce que je vous souhaite aussi, à vous tous qui n’hésitez pas à rêver de vos histoires chaque jour, que vous soyez des vétérans du NaNoWriMo ou que ce soit votre première édition de ce formidable challenge.

Soyez fiers de vos créations.

Ne vous posez pas la fameuse question : «  Ce que je vais écrire en vaut-il vraiment la peine ? »

Demandez-vous plutôt : « Ce que je suis en train d’écrire me plaît-il ? »

Parce que c’est là l’un des plus grands, l’un des premiers aussi, plaisirs de l’écriture : se faire plaisir, justement ! Une sensation que l’on a tendance à oublier ou à négliger, alors qu’au fond, si on écrit, n’est-ce pas justement pour se rendre heureux ? Parce que des histoires, des intrigues, des Muses même vous soufflent à longueur de temps : « Écris-moi, écris-moi ! » ? Parce qu’on ne peut plus résister à la tentation de coucher sur le papier les mots qui vous trottent dans la tête ?

N’est-ce pas pour toutes ces raisons, et bien d’autres encore, que vous vous lancez dans le NaNoWriMo ?

Alors, profitez de ce mois de novembre pour vous lâcher, vous amuser aussi ! Que vous partiez avec un plan détaillé, quelques idées en tête ou que vous vous lanciez dans l’inconnu, peu importe. Explorez, posez-vous des challenges, suivez vos envies… En clair, ÉCLATEZ-VOUS.

Que vous atteignez le cap des 50 000 mots ou non, que vous commenciez un nouveau projet ou plusieurs en même temps, que vous ayez peur de manquer d’inspiration ou, au contraire, d’en avoir de trop, l’important dans le NaNoWriMo, c’est de participer, le sourire aux lèvres et l’inspiration au bout des doigts.

Je vous souhaite une excellente édition de ce défi d’écriture et, bien entendu, que les Muses soient avec vous ! ☺

Cindy Van Wilder est l’auteur de la saga les Outrepasseurs.
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