L’une des questions que l’on pose le plus à un auteur est : “Avez-vous des astuces pour écrire ?”.

Malheureusement, c’est une question très vaste. C’est comme demander à un mécanicien : « Avez-vous un truc pour réparer les voitures ? ». C’est le gros de leur travail et l’apprendre leur a pris beaucoup de temps. Il est difficile de donner rapidement une information utile.

Mais je vous dirai tout de même ceci : la clé est de garder votre motivation. En fait, vous devez vous asseoir et balancer des mots dans votre traitement de texte. Et, la plupart du temps, ça n’a rien de drôle. C’est une tâche difficile. Alors comment s’y remettre jour après jour ?

Tout d’abord, vous devez accepter que vous ne baignerez pas toujours dans une sorte d’euphorie créative. En fait, vous ne serez que très rarement dans cet état. Généralement, c’est plutôt une corvée. Alors acceptez que ce soit un sale boulot, mais un boulot que vous faites dans un but précis. Écrire, ce n’est pas comme jouer de la musique, où l’exercice lui-même est gratifiant. Ca ressemble plus à du jardinage, le travail est dur et pénible, mais le résultat est magnifique.

Ensuite, vous allez devoir accepter que votre histoire change au fil de son écriture. Une chose parfaite et incroyable dans votre esprit finit souvent par être stupide sur le papier. Ce n’est pas un échec de votre part, et ça ne veut pas dire que vous ne valez rien. Ça veut juste dire que vous êtes un auteur, et que vous en êtes à la première étape d’amélioration de votre histoire. C’est lorsque vous essayez de mettre en mots votre idée que vous faites face aux problèmes. C’est naturel et normal, tous les auteurs sont confrontés à ce phénomène.

Et soudain, ça fuse. Parfois, alors que vous écrivez, les choses viennent toutes seules et vous pouvez sortir 2 000 mots en une matinée. Mais à d’autres moments, pondre 300 mots est une torture. Durant ces mauvaises passes, une chose vous pousse à continuer : quand vous vous relisez, bien plus tard, vous ne pouvez plus distinguer les mots écrits pendant les périodes de grâce des mots difficiles à trouver. Vous produisez un travail de qualité égale dans les deux cas. Vous pouvez douter de ce que je vous dis, mais la prochaine fois que cela vous arrivera, vérifier vos écrits à posteriori. Vous verrez par vous-même. Alors quand vous traversez une mauvaise passe, rappelez-vous que vous progressez vers votre but. Les mots que vous couchez sur le papier ne sont pas inutiles. Ils sont aussi bons que le reste.

Finalement, je vous donne ce conseil : retenez-vous de parler de votre histoire à votre famille et à vos amis. Je sais que c’est difficile car vous voulez en parler et (parfois), ils s’intéressent à votre sujet. Mais les écrivains ont un vilain petit secret : ils sont essentiellement motivés par le désir qu’ont les gens de lire leurs histoires. Nous voulons des lecteurs. Nous en avons besoin.

Parler de votre histoire à vos amis satisfait votre besoin d’avoir un public, et dans le même temps, cela diminue votre motivation pour l’écrire réellement. Alors suivez cette règle : le seul moyen, pour quiconque, d’entendre parler de votre histoire, c’est de la lire. Vous pouvez toujours leur donner cette histoire chapitre après chapitre – vous aurez alors la délicieuse, si délicieuse validation externe dont vous avez tant besoin Durant l’écriture. Mais ne parlez pas de votre histoire en dehors de ce que vous avez déjà écrit.

Si vous faites cela, vous aurez au moins fini votre livre.

Andy Weir est l’auteur des best-sellers « Artemis » et « The Martian ». C’est un nerd de la première heure, passionné par l’espace, et un amateur de physique relativiste, de mécanique orbital et d’histoire des vols spatiaux. Il prépare aussi un cocktail explosif.

(traduit par IMG)

 

 

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